Santé au Cameroun : l’Ordre exige l'arrêt des formations illégales

Face au « désordre grave » dans la formation médico-sanitaire, l'OPMS dénonce des diplômes non conformes et exige un audit immédiat des établissements.

Santé au Cameroun : l’Ordre exige l'arrêt des formations illégales
Santé au Cameroun : l’Ordre exige l'arrêt des formations illégales
Santé au Cameroun : l’Ordre exige l'arrêt des formations illégales

Le ton est monté d'un cran ce jeudi 18 décembre à Yaoundé. Lors d'une sortie médiatique musclée, le Conseil de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) a tiré la sonnette d'alarme sur ce qu'il qualifie de « bombe à retardement » : la prolifération de filières de formation non réglementaires au Cameroun.

Un imbroglio de diplômes qui menace la sécurité des soins

Au cœur du litige se trouve la coexistence de deux circuits de formation. L’Ordre fustige certaines institutions qui continuent de délivrer des diplômes professionnels (BTS, HND ou licences professionnelles) sans que ceux-ci ne donnent accès au précieux Diplôme d’État.

Or, selon les lois de 1984, seul le Diplôme d'État confère le droit d'exercer légalement en tant qu'infirmier, sage-femme ou technicien médico-sanitaire. Pour l'OPMS, l'inertie administrative actuelle expose les populations à des personnels insuffisamment qualifiés, mettant directement en péril la sécurité des patients.

Les exigences fermes de l'OPMS

S’appuyant sur les résolutions de la concertation interministérielle d'août 2024, restées lettre morte, l'Ordre réclame des mesures radicales :

 * Arrêt immédiat de toutes les formations non conformes.

 * Uniformisation des diplômes autour du Diplôme d’État.

 * Arrimage au système LMD (Licence-Master-Doctorat) pour garantir une reconnaissance internationale des compétences camerounaises.

 * Double tutelle effective : académique (MINESUP) et technique (MINSANTE).

Vers un audit généralisé en 2026

L’Ordre ne compte pas s'arrêter aux simples déclarations. Il exige un audit interministériel immédiat de toutes les écoles, publiques comme privées. L'objectif est clair : fermer sans tolérance les établissements hors-la-loi.

Enfin, l’OPMS demande la publication, avant la fin du premier trimestre 2026, des modalités précises d’arrimage des diplômes. « L’heure est à l’action », a martelé le Conseil, affirmant qu'aucune concession ne sera faite sur la qualité des soins au Cameroun.