Filière déchets Cameroun : des milliers d'emplois menacés

Bloquées entre deux régimes juridiques contradictoires, les entreprises de la filière déchets au Cameroun alertent sur une crise économique et sociale imminente.

Sep 30, 2026 - 02:37
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Filière déchets Cameroun : des milliers d'emplois menacés

Dans la filière des déchets au Cameroun, les entreprises ne savent plus à quel texte se référer. D'un côté, une lettre-circulaire du MINEPDED qui impose depuis février 2026 l'utilisation d'une plateforme numérique pour toutes les transactions du secteur. De l'autre, une instruction du Premier ministre ordonnant sa suspension depuis juillet. Sur le terrain, c'est la circulaire qui s'applique  au mépris de l'arbitrage gouvernemental.

Un outil imposé sans concertation

La Bourse Nationale des Déchets (BND) a été créée pour centraliser et tracer l'ensemble des mouvements de déchets au Cameroun : collecte, tri, transport, valorisation. L'intention est légitime. Mais la méthode a cristallisé les tensions. La lettre-circulaire du 12 février 2026 a rendu l'outil obligatoire pour tous les opérateurs, sans que le cadre réglementaire ne soit stabilisé ni que les acteurs du secteur n'aient été associés à sa conception.

La Primature l'a elle-même reconnu dans son courrier du 1er juillet : le déploiement de la plateforme et du manifeste de traçabilité « nécessitent encore des concertations élargies » pour aboutir à un dispositif « opérationnel, consensuel et approprié ». Un aveu que la circulaire a été imposée avant que les conditions de son application ne soient réunies.

Des milliers d'emplois dans la balance

Deux mois après cette instruction, rien n'a changé. Le GECAM, dans son courrier du 28 août 2026 au ministre de l'Environnement, chiffre l'enjeu en termes humains : les conséquences de ce blocage pourraient être « irréversibles pour la survie des entreprises dont l'activité principale est centrée sur la chaîne de valeur des déchets, avec un impact direct sur les milliers d'emplois qui y sont attachés ».

Des opérateurs qui ne peuvent ni produire leurs manifestes de traçabilité selon l'ancienne procédure  désormais contredite par la circulaire  ni utiliser une plateforme dont le cadre juridique reste suspendu par décision gouvernementale. Un étau qui paralyse les activités et menace la trésorerie des entreprises concernées.

La concertation comme seule issue

Le GECAM ne se contente pas de dénoncer. L'organisation patronale réclame l'ouverture d'une concertation entre toutes les parties prenantes pour définir un cadre réglementaire « pérenne et légalement fondé », capable de réconcilier les objectifs d'économie circulaire avec les réalités du tissu économique. Elle se dit disponible pour y participer « selon le calendrier qui conviendra ».

La balle est désormais dans le camp du MINEPDED. Chaque semaine de blocage supplémentaire est une semaine de plus à la charge des entreprises et une semaine de moins avant que certaines d'entre elles ne franchissent le point de non-retour.

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