Cameroun : Le chant du cygne ou le début de la fin.
La mort brutale, prévisible et évitable d’Anicet Georges Ekane signe jusqu’à la caricature l’inhumanité d’un régime.
Nous croyions avoir déjà assisté à toutes les turpitudes et à toutes les vilénies.
Nous venons d’entrer dans l’exécration.
Ce qui s’est produit sous nos yeux aterrés est vertigineux et signe la fin d’un cycle.
Rien ne peut justifier la mort délibérée d’un homme fut-il un opposant politique.
Les Autorités savaient que Georges Ekane Anicet, 74 ans, était oxy-dépendant. Victime d’un Covid long, il avait besoin de l’appoint permanent d’un appareil respiratoire personnalisé.
Interpellé puis maintenu en détention dans des conditions sommaires et sans cet extracteur respiratoire, son sort était scellé.
Quelques jours après son arrestation, la rumeur avait couru de sa mort subite avant que ses Avocats n’opposent un démenti formel.
Les Autorités avaient affirmé que Ekane était en soins intensifs.
Fallait-il le maintenir en détention?
Compte tenu de son état sanitaire, Ekane aurait pu être placé en résidence surveillée.
Les autorités auraient pu lui retirer son passeport et lui interdire de quitter le territoire national. Ekane serait toujours en vie et parmi-nous. Celui-ci ne représentait aucune menace ni pour la République ni pour nos institutions.
Malgré les protestations de ses avocats et les craintes de sa famille, Anicet a été maintenu en détention.
Celle-ci a finalement précipité la détérioration de son état.
Comment ne pas y voir une relation de cause à effets?
Toutes les explications du monde ne suffiront pas à dissiper les suspicions et le doute. Le mal est fait. Irréparable.
Comme si l’exécration ne suffisait pas..
Anicet Ekane a été autopsié malgré l’avis contraire de ses avocats et malgré l’opposition ferme et indignée de sa famille.
Une autopsie décidée par le fait du Prince, pour rechercher quoi? Les causes de la mort?
Pour supplicier encore davantage son corps?
Nos concitoyens attendent désormais les conclusions de cette autopsie imposée.
Celles-ci tardent à venir.
À croire qu’une chape de plomb est désormais maintenue sur une vérité qu’il faut taire.
Encore une impasse qui crée un gouffre infranchissable entre le pouvoir et les citoyens.
Anicet Ekane devait vivre.
Ekane Anicet est mort à l’étouffé. À petits feux. En suffoquant.
En rendant son dernier souffle qu’est-ce qu’il a pu se dire?
« Suis-je l’agneau sacrificiel sur l’autel de l’entêtement borné de ceux qui nous gouvernent?»
En perdant la vie, Anicet Ekane fait irruption dans notre mémoire collective. Sa disparition et son ombre portée crient déjà justice.
Cyrille Sam MBAKA
Pdt de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)



Sandrine Mballa 






