ANNUAIRE EXCLUSIF : Les champions du rachat de créances au Cameroun

ANNUAIRE EXCLUSIF : Les champions du rachat de créances au Cameroun

Par la Rédaction ENGO NEWS | Service Finance & Stratégie | Douala, le 24 janvier 2026

Dans le labyrinthe de la dette intérieure, toutes les banques n'ont pas la même appétence pour le risque souverain. Pour l'entrepreneur, frapper à la bonne porte est une question de survie. ENGO NEWS a sondé le marché financier de Douala  et de Yaoundé pour identifier les établissements les plus réactifs dans les opérations de titrisation et de rachat de créances publiques.

Le Trio de Tête : Les "Institutionnels" du rachat

Ces banques disposent des lignes de refinancement les plus larges auprès de la BEAC et sont historiquement liées aux grands projets de l'État.

  •  * Afriland First Bank :
  •    * Profil : Leader du marché domestique, c'est la banque la plus imprégnée du tissu économique local.
  •    * Points forts : Très active dans le rachat des créances des PME, notamment dans les secteurs du BTP et des fournitures agricoles. Elle propose souvent des mécanismes de titrisation sur-mesure pour ses clients fidèles.
  •  * Société Générale Cameroun (SGC) :
  •    * Profil : Bien que filiale d'un groupe international, elle est le partenaire pivot de l'État pour les grands syndicats bancaires (comme pour le dossier NHPC).
  •    * Points forts : Expertise pointue dans le rachat de créances de gros montants (supérieurs à 500 millions de FCFA). Elle est privilégiée par les entreprises à capitaux étrangers et les prestataires des grands projets structurants.
  •  * BICEC (Groupe BCP) :
  •    * Profil : Fortement implantée dans le secteur public et parapublic.
  •    * Points forts : Elle dispose de guichets dédiés à l'accompagnement des prestataires de l'État. C'est l'un des acteurs les plus rapides pour transformer les "bons de caisse" validés en lignes de crédit de campagne.

Les Challengers : Agilité et conditions compétitives

Ces établissements cherchent à gagner des parts de marché en offrant des taux d'escompte (décotes) parfois plus attractifs que les leaders.

  •  * Commercial Bank-Cameroon (CBC) :
  •    * Spécialité : Très dynamique depuis sa restructuration, elle cible les entrepreneurs locaux performants ayant des factures en instance au Trésor.
  •  * UBA Cameroon :
  •    * Spécialité : Grâce à son réseau panafricain, elle propose des solutions de Factoring (affacturage) innovantes, permettant aux entreprises d'obtenir du cash contre leurs factures publiques avant même la titrisation officielle.
  •  * BGFI Bank Cameroun :
  •    * Spécialité : Positionnée sur le segment "Corporate" haut de gamme, elle est l'interlocuteur idéal pour les créances liées au secteur de l'énergie et des hydrocarbures (TotalEnergies, Tradex).

Les banques de niche pour les PME régionales

Pour les créances de taille intermédiaire (10 à 50 millions de FCFA), ces banques offrent une proximité précieuse.

  •  * La Régionale Bank : Très active auprès des PME du secteur agro-industriel et des services de proximité.
  •  * CCA-Bank : Son large réseau d'agences permet aux entrepreneurs des zones reculées (Nord, Est) de déposer leurs dossiers de rachat sans avoir à se déplacer systématiquement sur Douala ou Yaoundé.

Analyse technique : Pourquoi la banque peut-elle refuser votre créance ?

Même auprès de ces banques "actives", le rachat n'est pas automatique. La rédaction d’ENGO NEWS a identifié trois motifs de rejet fréquents :

  •  * L'absence de "Visa budgétaire" : Si votre facture n'a pas été engagée dans le système comptable de l'État (CADRE), la banque ne pourra pas la refinancer.
  •  * L'incertitude sur la maturité : L'État ne doit pas seulement reconnaître la dette, il doit indiquer quand il compte payer (via la titrisation). Sans échéancier, le risque est trop haut.
  •  * La santé financière de la PME : La banque achète votre créance, mais elle évalue aussi votre capacité à survivre. Si votre entreprise est en liquidation, elle craindra des saisies-arrêts de tiers sur le paiement final.

L’Œil de la Rédaction

Le rachat de créances n'est pas une faveur, c'est un produit financier. En tant qu'entrepreneur, vous ne devez pas arriver en "demandeur de secours", mais en apporteur de titres sécurisés. Avec un budget 2026 qui prévoit 485 milliards de FCFA pour le remboursement de la dette intérieure, les banques citées plus haut sont en quête de dossiers solides pour placer leurs liquidités.

Sources recoupées :

 * Classement annuel de l'APECCAM (Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Cameroun).

 * Rapports d'activité 2025 des directions de la Trésorerie des banques de la place.

 * Bulletins de la BVMAC sur les émissions obligataires souveraines.