Cameroun : Les travaux Cstar avancent à grands pas
La raffinerie et le dépôt de stockage de Kribi promettent de révolutionner l’écosystème énergétique avec une mise en service dès 2028.
Le projet Cstar, porté par la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) en partenariat avec le consortium international RCG, franchit une étape décisive. Lancé en juillet 2025, ce projet ambitieux visant à construire une raffinerie moderne et un dépôt stratégique de produits pétroliers à Mboro, Kribi, affiche des progrès significatifs, avec 80 % des études d’ingénierie déjà achevées, selon le président du consortium RCG, Georges Li.
Une infrastructure stratégique pour la souveraineté énergétique
Avec un investissement estimé entre 198 et 200 millions de dollars (environ 115 milliards de FCFA), le projet Cstar s’inscrit dans une vision stratégique de sécurisation énergétique au Cameroun. La première phase, qui concerne la construction d’une raffinerie d’une capacité de 30 000 barils par jour, devrait être opérationnelle en 2028. Cette infrastructure industrielle de pointe permettra de réduire de 30 % les importations de produits pétroliers finis, générant ainsi une économie annuelle d’environ 750 millions de dollars.
Le dépôt de stockage, d’une capacité initiale de 250 000 à 300 000 mètres cubes, permettra de conserver des produits stratégiques tels que le gasoil, l’essence, le kérosène et le Jet A1. Ce terminal vise à renforcer la résilience énergétique du Cameroun en garantissant une disponibilité permanente des carburants et en réduisant les exportations de devises.
Des avancées concrètes sur le terrain
Depuis janvier 2026, les équipes d’ingénieurs de Cstar sont mobilisées sur le site de Kribi, marquant le début des travaux de génie civil. « Plus de 1 000 spécialistes chinois et indiens sont prêts à être déployés pour assurer le transport, le transfert de technologie et l’installation des équipements », a souligné Georges Li. Les structures principales sont en cours de réalisation et devraient être finalisées avant la saison des pluies.
Une visite du top management de Cstar à la SNH, le 27 février 2026, a permis de faire le point sur ces avancées. Nathalie Moudiki, Présidente du Conseil d’Administration de Cstar, a salué la collaboration entre les différents partenaires et insisté sur l’impact historique de ce projet : « Ces infrastructures modernes vont révolutionner l’écosystème énergétique du Cameroun et consolider la chaîne logistique intérieure. »
Des retombées économiques et sociales prometteuses
Au-delà de la souveraineté énergétique, le projet Cstar promet d’importantes retombées pour le Cameroun. Plus de 2 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects seront créés, tandis que des programmes de formation spécialisés permettront de renforcer les compétences locales. Selon Nathalie Moudiki, « cette installation industrielle de dernière génération est une fierté nationale, conçue pour raffiner localement le pétrole brut extrait du bassin minier camerounais. »
Le projet bénéficie également du soutien de BGFIBank Cameroun, qui a été désignée pour mobiliser les financements nécessaires à sa réalisation. Une convention de prêt a été signée le 19 février 2026, confirmant l’engagement des parties prenantes à concrétiser cette vision ambitieuse.
Une portée historique pour le développement du Cameroun
Avec une mise en œuvre progressive en trois phases, le projet Cstar s’impose comme un pilier de l’autonomie énergétique et du développement industriel du Cameroun. En réduisant les importations de produits pétroliers, en améliorant la logistique intérieure et en consolidant la chaîne d’approvisionnement, cette initiative répond aux objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).
« SNH a décidé de prendre ses responsabilités pour garantir une résilience énergétique forte et solide », a déclaré Nathalie Moudiki. Avec l’implication des institutions publiques, des partenaires privés et des acteurs locaux, le projet Cstar représente une avancée majeure vers un avenir énergétique durable et un modèle de coopération économique.



Sandrine Mballa 






