Déclaration de Yaoundé : un tournant pour l'eau en Afrique

Le 23e Congrès de l’AAEA adopte la Déclaration de Yaoundé. Objectif : investissements massifs et gouvernance pour l'eau et l'assainissement en Afrique.

Déclaration de Yaoundé : un tournant pour l'eau en Afrique
Déclaration de Yaoundé : un tournant pour l'eau en Afrique

Yaoundé, le 13 février 2026 – La capitale camerounaise vient de marquer une étape historique dans la gestion des ressources naturelles sur le continent. Au terme du 23ᵉ Congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), plus de 2 000 experts et décideurs ont adopté la « Déclaration de Yaoundé ». Ce texte politique majeur appelle à une refonte urgente des politiques publiques pour répondre à une crise qui touche des centaines de millions d'Africains.

L'urgence en chiffres : 400 millions de personnes sans eau sûre

La cérémonie de clôture, présidée par le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a mis en lumière une réalité alarmante. Selon les données de l’OMS et de l’UNICEF, près de 400 millions d’Africains manquent encore d’eau potable, tandis que 700 millions sont privés d’assainissement de base.

Face à l’urbanisation rapide et au dérèglement climatique, la Déclaration de Yaoundé ne se veut plus une simple liste d'intentions, mais un véritable plan de bataille.

Blaise Moussa : passer de l'intention à l'investissement massif

Figure centrale de ce congrès, Blaise Moussa, président de l’AAEA et directeur général de la CAMWATER, a plaidé pour une rupture avec les méthodes passées. Pour lui, la Déclaration de Yaoundé doit être perçue comme un « contrat moral » entre les dirigeants et les citoyens.

« Il est temps de sortir des déclarations d’intention pour entrer dans l’ère des investissements massifs et de la redevabilité », a-t-il martelé lors de son allocution.

Les trois piliers de la transformation

Le texte adopté à Yaoundé repose sur trois leviers stratégiques pour garantir la souveraineté hydrique du continent :

  1. Un engagement politique renforcé : Faire de l'eau une priorité absolue des agendas nationaux.

  2. Une gouvernance modernisée : Améliorer la gestion des services publics via la digitalisation et la réduction des pertes techniques.

  3. Des financements innovants : Mobiliser les partenariats public-privé (PPP) et les fonds climat pour financer les infrastructures lourdes.

L'assainissement, le nouveau pilier du développement

Longtemps resté dans l'ombre de l'approvisionnement en eau potable, l'assainissement a été consacré à Yaoundé comme un pilier central de la santé publique. Les experts ont exploré des solutions concrètes : solutions basées sur la nature, implication des collectivités locales et gestion circulaire des déchets.

Alors que le flambeau a été transmis au Sénégal pour la prochaine édition en 2028, la Déclaration de Yaoundé reste l'héritage d'un sommet où l'Afrique a choisi de parler de sa dignité et de son avenir à travers l'accès universel à l'eau.