YMCA : "Roll Back Malaria" pour les plus fragiles

La YMCA Cameroun lance un projet pour protéger réfugiés et déplacés contre le paludisme, misant sur des moustiquaires de nouvelle génération face à la résistance.

YMCA : "Roll Back Malaria" pour les plus fragiles
YMCA : "Roll Back Malaria" pour les plus fragiles
YMCA : "Roll Back Malaria" pour les plus fragiles

Yaoundé, le 12 février 2026 – Alors que le paludisme demeure l'une des premières causes de mortalité évitable en Afrique, la YMCA Cameroun passe à l'offensive. Sous la direction du Dr Sonia Chedom, l'organisation a officiellement lancé ce jour à Yaoundé le projet « Roll Back Malaria ». Cette initiative stratégique vise à renforcer la protection des populations les plus vulnérables du pays : les réfugiés et les déplacés internes.

Une urgence sanitaire en chiffres

La situation est critique. En 2023, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 263 millions de cas et 567 000 décès liés au paludisme dans le monde, dont 95 % sur le continent africain. Le Cameroun fait partie du triste peloton des 11 pays concentrant près des deux tiers de la charge mondiale.

Entre 2018 et 2022, la morbidité a progressé de manière inquiétante, passant de 26,3 % à 29,6 %. Pour les 969 000 déplacés internes et 408 000 réfugiés installés sur le territoire, souvent dans des conditions de promiscuité extrême, le risque est démultiplié. « Ces populations cumulent précarité et forte exposition au moustique, ce qui en fait des cibles prioritaires », martèle le Dr Sonia Chedom.

L'innovation face à la résistance des moustiques

Le projet "Roll Back Malaria" ne se contente pas d'une réponse classique. Il s'attaque à un obstacle scientifique majeur : la résistance des moustiques aux insecticides traditionnels (pyréthrinoïdes).

Pour regagner du terrain, la YMCA mise sur les technologies recommandées par l'OMS :

  • Moustiquaires de nouvelle génération (PBO) : Conçues pour neutraliser les mécanismes de résistance chimique des vecteurs.

  • Moustiquaires à double insecticide : Une barrière renforcée pour une efficacité accrue en zone de forte transmission.

  • Surveillance moléculaire : Un suivi entomologique rigoureux pour adapter les interventions en temps réel.

Une synergie d'acteurs pour un impact durable

Le lancement de ce 12 février a réuni l'OMS, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et des leaders communautaires. L'enjeu est désormais d'harmoniser les actions pour combler les failles actuelles, telles que les ruptures de stocks de moustiquaires et le déficit de communication communautaire.

En combinant expertise technique et proximité avec les populations en détresse, le projet "Roll Back Malaria" se positionne comme un rempart essentiel pour l'avenir sanitaire du Cameroun.