MGF au Cameroun : Yaoundé et l'ONU renforcent l'offensive

19ᵉ journée de tolérance zéro contre les MGF. Marie Thérèse Abena Ondoa et l'ONU appellent à investir pour protéger 4,5 millions de filles menacées.

MGF au Cameroun : Yaoundé et l'ONU renforcent l'offensive

Yaoundé, le 6 février 2026 – Le combat pour l'intégrité physique des jeunes filles franchit une nouvelle étape au Cameroun. Ce jeudi, la capitale a vibré au rythme de la 19ᵉ Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). Sous le thème « Investir sur les filles et les communautés », les autorités nationales et les Nations Unies ont lancé un cri de ralliement pour l'éradication d'une pratique qui brise encore des millions de destins.

Un bilan mondial alarmant

Le tableau brossé par les Nations Unies reste sombre. Selon Liliane Munezero, représentante de l’UNFPA, 4,5 millions de filles risquent de subir des mutilations chaque année. À l'échelle mondiale, elles sont déjà 230 millions à en porter les séquelles physiques et psychologiques.

Au-delà du drame humain, l'ONU souligne l'impact économique : la prise en charge médicale des conséquences des MGF coûte 1,4 milliard de dollars par an. Un investissement préventif de 2,8 milliards de dollars d'ici 2030 permettrait pourtant d'épargner 20 millions de jeunes filles.

Le Cameroun face à ses défis socioculturels

La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Marie Thérèse Abena Ondoa, a rappelé que le Cameroun ne reste pas les bras croisés. Le pays s'appuie sur deux leviers majeurs :

  • Un cadre légal strict : Le Code pénal de 2016 criminalise désormais ces pratiques.

  • Un plan d'action : Le Plan national d’élimination des MGF (2022-2026) priorise l'éducation et l'autonomisation des filles.

Toutefois, la ministre a reconnu que les « résistances socioculturelles » et la vulnérabilité de certaines zones reculées freinent encore l'éradication totale.

L'alerte sur le désengagement financier

Si des progrès notables ont été réalisés depuis 1999 (le risque de mutilation étant passé d’une fille sur deux à une sur trois), l’ONU tire la sonnette d'alarme sur la baisse des financements internationaux. Sans un soutien financier durable, les acquis pourraient s'effondrer, laissant des millions de mineures sans protection.

La journée s'est achevée sur une note d'espoir avec une causerie éducative visant les leaders communautaires. Le message est clair : la fin des MGF ne se décrète pas seulement par la loi, elle se gagne au cœur des communautés pour rendre aux filles leur dignité et leur avenir.