Kamerun Haus : le cœur du combat pour la restitution du patrimoine
Le 12 mars 2026, la clôture de l'exposition sur les trésors royaux à Yaoundé pose une exigence nationale : réclamer les œuvres emportées durant la colonisation.
À Yaoundé, un lieu culturel s’impose comme l’épicentre d’une bataille historique. La toute nouvelle Kamerun Haus (Maison des Cultures) porte désormais la voix d’un Cameroun déterminé à rapatrier ses trésors ancestraux, spoliés à l’époque coloniale et aujourd’hui dispersés dans les musées occidentaux.
Une clôture d’exposition lourde de sens
Ce 12 mars 2026 restera une date marquante dans le calendrier culturel camerounais. La clôture de l’exposition « Les 11 Musées et Trésors Royaux du Cameroun » à la Kamerun Haus de Yaoundé n’était pas qu’un simple vernissage de fin. Elle a servi de catalyseur à une revendication nationale de plus en plus pressante : le retour des œuvres d'art parties pendant la période coloniale vers l’Allemagne et d’autres pays européens.
Située au cœur de la capitale, la Kamerun Haus, inaugurée en janvier dernier, est devenue en quelques semaines un carrefour stratégique. Universitaires, diplomates, artistes et chefs traditionnels s'y croisent, unis par une même urgence : « réparer l’histoire ».
Prince de Bangoua : « La culture comme levier de reconquête »
Au centre de cette dynamique, une figure se détache : Prince de Bangoua LeGrand TCHATCHOUANG, le promoteur visionnaire du projet. Pour lui, Kamerun Haus n'est pas un simple espace d'exposition. C'est un instrument de combat identitaire.
Son ambition est claire : faire dialoguer la mémoire des ancêtres avec la modernité, sans jamais transiger sur l'authenticité. Dans l'atmosphère solennelle mais vibrante de la cérémonie de clôture, il a rappelé avec force que ces objets confisqués ne sont pas de simples artefacts. « Ce sont des fragments d’âme, des témoins vivants d’une histoire confisquée », ont martelé les voix présentes.
Un symbole pour le Cameroun et l'Afrique
Alors que les débats sur la restitution s'intensifient sur le continent, Kamerun Haus agit comme un puissant relais de plaidoyer. Le lieu incarne désormais bien plus qu'un centre culturel : il est le symbole d'un Cameroun debout, refusant l'oubli.
Alors que les trésors royaux dorment encore dans les réserves des musées allemands ou français, Yaoundé pose ses jalons. En réclamant ces œuvres, c’est une page de la mémoire collective que le pays entend réécrire, avec Kamerun Haus comme quartier général de cette reconquête patrimoniale.



Sandrine Mballa 






