Alerte nationale – Dérive constitutionnelle et menace grave contre la souveraineté populaire au Cameroun

Alerte nationale – Dérive constitutionnelle et menace grave contre la souveraineté populaire au Cameroun

Déclaration de Etonde Etonde Jean Patrice

Président du parti Dreamers – Ancien candidat à l’élection présidentielle

En ma qualité de président du parti Dreamers, ancien candidat à l’élection présidentielle et voix engagée de la scène politique camerounaise, je lance une alerte solennelle à la Nation face au projet de réforme constitutionnelle visant à instaurer un poste de vice-président nommé par le chef de l’État.

Une telle initiative constitue une rupture grave avec les principes élémentaires de légitimité démocratique que le peuple camerounais croyait définitivement acquis. Nous assistons à un recul institutionnel inquiétant, un véritable bond en arrière qui menace l’équilibre déjà fragile de notre architecture républicaine.

Dans la quasi-totalité des démocraties présidentielles crédibles, le vice-président est élu conjointement avec le président, tirant sa légitimité directement du suffrage universel. Chercher à imposer un vice-président par simple nomination traduit une volonté manifeste de contourner la volonté populaire, révélant une incapacité 

profonde à convaincre les citoyens par des idées, un programme ou une vision pour le pays. Ce type de tripatouillage constitutionnel, porté par des acteurs politiques en perte de repères et dépourvus d’offre crédible pour le peuple, représente un danger majeur pour la stabilité nationale. Lorsqu’un régime préfère manipuler les règles du jeu plutôt que de se soumettre à l’épreuve démocratique, cela traduit une dérive autoritaire incompatible avec l’idéal républicain. Ma question  reste : A qui profite ce jeu? Lorsque nous savons tous que Sieur Biya dans la plénitude de ses capacités et moyens ne l’aurait jamais accepté. 

Rappellons-nous que, dans  l’histoire institutionnelle du Cameroun la fonction de vice-président existait durant la période fédérale sous le président Ahidjo, avant d’être supprimée en 1972 avec l’avènement de l’État unitaire. Toute tentative de réintroduire ce poste en dehors d’un cadre consensuel, transparent et démocratiquement légitimé, ne peut être interprétée que comme une manœuvre opportuniste d’une minorité privilégiée cherchant à préserver ses avantages indus au détriment de l’intérêt général. Une bande de bras cassés décidée à conserver le pouvoir. 

Le mécanisme de succession présidentielle constitue l’un des fondements de la stabilité d’un État moderne dans le Cameroun actuel. Le fragiliser par une 

désignation discrétionnaire ouvre la voie à une confiscation progressive du pouvoir, installant une continuité artificielle déconnectée du choix souverain du peuple camerounais. Qui se laisse lui-même distraire par les réseaux sociaux, l’alcoolisme à  outrance et bien d’autres artifices dont le régime maîtrise ́à manipulation.

Je déplore profondément qu’une partie de la classe politique camerounaise, dont je fais moi-même partie, n’ait pas su s’élever avec suffisamment de fermeté pour dénoncer à temps ces dérives. L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront préféré le silence ou la complaisance face à une atteinte aussi grave à l’esprit de notre Constitution. Une fois de plus on prends les mêmes et on recommence. Une opposition ayant à  sa tête  des leaders aussi pauvres financièrement que mentalement,  et bien dispersés,  jouant le jeu du système pour des petites sommes d’argent.

Nous devons avoir le courage de reconnaître qu’un système politique qui cherche à organiser la transmission du pouvoir par des mécanismes indirects révèle avant tout une absence de vision, une incapacité à gagner la confiance populaire et une peur manifeste du verdict des urnes.

Le Cameroun ne peut être pris en otage par des calculs de dernier précarré politique. Un pays de plus de trente-cinq millions d’habitants, riche de sa jeunesse, de ses ressources et de son potentiel stratégique, ne peut 

accepter d’être gouverné par des logiques de conservation de privilèges. Je le dis et j’insiste.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus simplement d’un débat juridique ou technique. Il s’agit d’un signal d’alarme majeur quant à la trajectoire démocratique de notre Nation. Une Constitution ne doit jamais devenir l’outil d’une stratégie de maintien au pouvoir, mais demeurer la protection suprême du peuple contre tout excès d’autorité. 

J’affirme avec gravité que toute réforme constitutionnelle affectant la succession présidentielle doit impérativement faire l’objet d’un dialogue national véritablement inclusif, transparent et crédible. Sans cela, le risque est grand d’accentuer la fracture entre gouvernants et gouvernés, nourrissant une défiance institutionnelle aux conséquences imprévisibles.

Le peuple camerounais mérite mieux que des arrangements politiques conçus pour contourner son verdict qui est déjà difficilement respecté. Il mérite une gouvernance fondée sur la compétence de ses dirigeants, la responsabilité de chacun, la transparence et le respect strict de la souveraineté populaire  pour le bien de tous.

Une démocratie qui se manipule cesse d’être une démocratie.

L’avenir de notre pays le Cameroun ne peut être hypothéqué par des artifices institutionnels motivés par 

la peur de l’alternance. Celle-ci s’imposera par la forces des choses le Cameroun mérite une élite politique capable de proposer, convaincre et assumer le jugement du peuple je vous le dis et j'insiste.

L’heure est grave mes chers compatriotes. L’histoire observe. Le peuple jugera.

Etonde Etonde Jean Patrice

Président du parti Dreamers

Ancien candidat à l’élection présidentielle

Voix engagée pour un Cameroun libre, souveraine et institutionnellement crédible.