Cameroun - CNTS : un budget en recul face au défi vital de l’accès au sang en 2026

Cameroun - CNTS : un budget en recul face au défi vital de l’accès au sang en 2026
Cameroun - CNTS : un budget en recul face au défi vital de l’accès au sang en 2026
Cameroun - CNTS : un budget en recul face au défi vital de l’accès au sang en 2026

Réuni ce lundi 22 décembre à son siège, le Comité de gestion du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a tenu sa 9ᵉ session ordinaire, consacrée à l’examen du budget 2026 et à l’évaluation des performances de l’institution. Une rencontre stratégique, dans un contexte marqué par la baisse des ressources financières et une pression croissante des besoins sanitaires.

Présidant les travaux, le Pr Tétanye TETENYE EKOE a d’emblée posé les enjeux : garantir à chaque Camerounais un accès équitable à un sang sûr et de qualité. Mais l’équation budgétaire s’annonce délicate. Le budget prévisionnel 2026 du CNTS est en baisse globale de 105,7 millions FCFA, soit –6,67 % par rapport à 2025. Si la subvention du ministère des Finances progresse légèrement, passant d’environ 1,06 milliard à 1,1 milliard FCFA (+4 %), celle du ministère de la Santé publique recule de 12 %, tandis que le financement du projet PADOC chute significativement.

Cette contraction des ressources soulève une inquiétude majeure : la capacité du CNTS à réduire le coût des poches de sang supporté par les patients, aujourd’hui compris entre 18 000 et 50 000 FCFA. « Le budget ne permet pas encore de financer le coût réel du sang », a reconnu le président du Comité de gestion, soulignant une situation jugée incompatible avec l’ambition du septennat des « Grandes Espérances ». À titre de comparaison, des pays comme le Sénégal ou le Bénin proposent des poches de sang à coût quasi nul ou fortement subventionné.

Au-delà des chiffres, les débats ont insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance, la traçabilité des fonds et la mobilisation de financements innovants. Le plaidoyer auprès des partenaires, l’implication des leaders communautaires et religieux, ainsi que l’intensification des campagnes de don volontaire restent des priorités, mais elles ont un coût.

À l’issue de cette session annoncée comme « énergique et cruciale », le CNTS est appelé à faire des choix rigoureux pour maintenir sa mission régalienne : sécuriser la transfusion sanguine et alléger, à terme, le fardeau financier qui pèse sur les populations. Un défi vital, au cœur de la santé publique camerounaise.