Corridor Douala-N'Djamena : Le Cameroun lance la modernisation historique de son réseau ferroviaire

Corridor Douala-N'Djamena : Le Cameroun lance la modernisation historique de son réseau ferroviaire

YAOUNDÉ. Ce 18 décembre 2025, le visage du transport en Afrique Centrale a franchi une étape décisive. Sous la présidence de Monsieur Jean Ernest Masséna NGALLE BIBÉHÉ, Ministre des Transports, le Comité National de Pilotage du Projet Régional pour l’Amélioration de la Performance du Corridor Rail/Route Douala-N'Djamena (PCDN) a tenu sa session inaugurale.

Cette rencontre solennelle marque le coup d'envoi d'un chantier titanesque de 153 milliards de FCFA, destiné à révolutionner les échanges entre le Cameroun et le Tchad.

Un front uni pour une ambition régionale

Autour du Ministre des Transports, Président du Comité de Pilotage, se sont réunis les piliers de la stratégie logistique du pays : le Ministre Délégué auprès du Ministre des Transports , le Secrétaire Général du Ministère des Marchés Publics , ainsi que le Secrétaire Général par intérim et l'Inspecteur Général du Ministère des Transports.

La présence stratégique du Directeur Général des Douanes, du Directeur Général de CAMRAIL et du Coordonnateur du Bureau de Gestion du Fret Terrestre souligne l'approche intégrée du projet. Ensemble, avec l'appui de la Banque Mondiale, ils ont validé les axes majeurs du PCDN, véritable colonne vertébrale économique d'une zone concentrant 35 % du PIB combiné des deux nations.

Le rail au cœur de la stratégie de performance

L'essentiel de l'investissement se concentre sur l'axe névralgique Douala-Yaoundé, avec un programme technique de haute précision :

Renouvellement de la voie (134,7 milliards FCFA) : Reconstruction complète de 238 km de voie ferrée, réhabilitation des ouvrages d'art (tunnels, viaducs) et stabilisation des plateformes.

Révolution numérique (16,2 milliards FCFA) : Installation d'un système de gestion centralisée du trafic et automatisation de la protection de huit passages à niveau critiques.

Des retombées économiques et sociales massives

L'enjeu dépasse la technique ; il s'agit de compétitivité et de développement humain :

Réduction des coûts : Le rail permettra de diviser les frais de transport par deux par rapport à la route, réduisant les délais d'acheminement de 30 % depuis le Port de Douala.

Moteur de croissance locale : Le projet impose que 30 % de la main-d'œuvre soit locale. Les revenus des populations riveraines pourraient bondir de 4,8 % grâce au désenclavement.

Soutien au secteur privé : En plus des 1 500 employés directs de l'écosystème ferroviaire, plus de 4 000 sous-traitants bénéficieront de cette dynamique, notamment les PME du BTP.

Vers un hub logistique à Ngaoundéré.

Parallèlement aux travaux du Sud, la réhabilitation de la plateforme rail-route de Ngaoundéré a été confirmée comme priorité. Point de rupture de charge stratégique, sa modernisation optimisera le transfert des marchandises vers le Tchad et le Septentrion, érigeant la ville en hub intermodal sous-régional.

Financé par la Banque Mondiale avec le soutien de l'État, le PCDN prévoit également 2,3 milliards FCFA pour les mesures de sauvegarde environnementales. La livraison complète de cette infrastructure historique est attendue pour 2030.