Féminicides : le cri de colère des femmes à Yaoundé

Le collectif STOP FEMINICIDES 237 manifeste à Yaoundé pour réclamer une protection juridique face aux violences domestiques et la fin de l'impunité.

Féminicides : le cri de colère des femmes à Yaoundé
Féminicides : le cri de colère des femmes à Yaoundé
Féminicides : le cri de colère des femmes à Yaoundé
Féminicides : le cri de colère des femmes à Yaoundé

Yaoundé, le 7 mars 2026 – En prélude à la 41e Journée internationale des droits des femmes, le centre-ville de Yaoundé a pris une teinte sombre ce samedi. Loin des réjouissances festives, l’avenue Kennedy est devenue le théâtre d’une mobilisation poignante : une "flash mob" silencieuse mais déterminée, organisée par le collectif STOP FEMINICIDES 237. L'objectif ? Sortir les violences meurtrières de la rubrique des faits divers pour en faire un enjeu de justice nationale.

Le coût du silence : une urgence sécuritaire et juridique

Pancartes au poing et vêtues de noir, les militantes ont défié les regards pour briser l'omerta sur les féminicides. Pour Viviane Tathi, présidente de l'association Sourires de Femme, l'inaction des pouvoirs publics n'est plus tenable. Le collectif pointe du doigt une faille majeure dans l'arsenal législatif camerounais : l'absence de reconnaissance claire des violences domestiques dans le Code pénal.

Ce vide juridique favorise une culture de l'impunité où les médiations familiales sont souvent imposées au détriment de la réponse pénale. D’un point de vue socioculturel et économique, cette instabilité au sein des foyers fragilise le capital humain et entrave la participation sereine des femmes au développement du pays.

De Kribi à Yaoundé : la réalité du terrain

Au-delà de la protestation, ces organisations communautaires assurent un rôle de supplétif aux services sociaux de l'État. Nadine Ba'ana, présidente d’Initiative Femme, a rappelé le traumatisme récent lié au meurtre de deux jeunes élèves à Kribi. Son association déploie un accompagnement psychologique et juridique pour les familles brisées, soulignant le manque de structures publiques dédiées à ce type de crises.

Vers une loi protectrice ?

Les revendications du collectif sont précises :

  • Une qualification juridique spécifique pour les féminicides.

  • La mise en place de mécanismes de protection immédiats pour les victimes signalant des violences.

  • Le renforcement de l’accès à la justice plutôt qu’aux arrangements à l’amiable.

Alors que le pays s'apprête à célébrer le 8 mars, ces femmes en noir rappellent une vérité économique et sociale fondamentale : aucun développement durable ne peut se construire sur une fondation de violence domestique non sanctionnée. La protection de la vie des femmes est, plus que jamais, une priorité de sécurité nationale.