MINTP : le défi de la parité aux postes de décision
Avec seulement 14,14 % de femmes aux postes clés, le Ministère des Travaux Publics fait face au défi de la représentativité féminine au sommet.
Yaoundé, le 4 mars 2026 – À l’approche de la Journée internationale de la femme, le Ministère des Travaux Publics (MINTP) se penche sur ses propres structures. Lors d'une conférence-débat organisée ce jour à Yaoundé, les employées du ministère ont dressé un bilan statistique qui souligne le chemin restant à parcourir pour une réelle mixité dans les hautes sphères du génie civil camerounais.

Une représentativité globale de 14,14 %
Les chiffres extraits de la cellule SIGIPES sont sans appel. Sur un effectif total de 2 185 personnels, le ministère compte 444 femmes. Si leur présence est notable, elle se raréfie à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie :
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Directeurs : 21 % de femmes.
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Délégués régionaux : 11 %.
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Chefs de service : 17 %.
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Postes de Ministre et Secrétaire Général : 0 %.
Ce plafond de verre limite l'accès des expertes aux fonctions stratégiques, notamment dans la gestion des grands projets routiers, malgré des compétences techniques avérées en gestion d'infrastructures et normes de sécurité.

Compétences contre barrières administratives
Le thème de cette année, « Discrimination positive, droits, justice et incitation », a servi de levier pour un plaidoyer en faveur d'une montée en compétences. Les panélistes ont insisté sur le fait que la sous-représentation n'est pas une question de talent, mais de mécanismes de promotion.
Face à ces revendications, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a reconnu ces déséquilibres tout en soulignant que l'évolution de carrière reste liée aux profils et au mérite. Il a exhorté ses collaboratrices à cultiver un esprit participatif et à renforcer leur expertise pour forcer naturellement les portes de la haute administration.

L'égalité : un chantier d'infrastructure humaine
Pour les observateurs économiques, l'enjeu est de taille. Une meilleure inclusion des femmes dans la chaîne de décision des travaux publics pourrait optimiser la gestion des projets grâce à des approches diversifiées. Au MINTP, la JIF 2026 rappelle que si les routes avancent, l'ascenseur social pour les femmes ingénieurs et administratrices reste un chantier prioritaire.



Sandrine Mballa 






