Droits humains en Afrique : La conférence du RINADH à Yaoundé
James Mouangue Kobila prend la tête du RINADH. À Yaoundé, les institutions africaines s'unissent contre les crises au Soudan, au Sahel et en RDC.
Yaoundé, le 5 février 2026 – La capitale camerounaise est devenue, ce mercredi, le centre névralgique de la défense des libertés fondamentales sur le continent. Yaoundé a prêté son cadre à la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des Institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH). Dans un contexte marqué par l'instabilité sécuritaire et le rétrécissement de l'espace civique, l'urgence d'une action coordonnée n'a jamais été aussi pressante.
Un diagnostic sans complaisance des crises africaines

La cérémonie d'ouverture, présidée par le ministre de la Justice Laurent Esso, a servi de tribune pour dresser un état des lieux alarmant. Du Soudan au Sahel, en passant par l'Est de la République démocratique du Congo, les conflits armés et l'extrémisme violent continuent de fragiliser les populations.
Le président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a exhorté les Institutions nationales (INDH) à ne plus être de simples observatrices. Pour lui, le salut passe par :
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Le renforcement de l'indépendance institutionnelle ;
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Une meilleure capacité d'anticipation des crises ;
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Une expertise technique accrue dans le suivi des politiques publiques.
Le Cameroun aux commandes du RINADH

Cette conférence marque également un tournant pour la diplomatie camerounaise. James Mouangue Kobila, président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC), a officiellement pris les rênes du RINADH. Pour le nouveau président, les INDH sont le « maillon opérationnel » indispensable pour traduire les traités internationaux en réalités concrètes sur le terrain.
Il a notamment insisté sur la synergie nécessaire entre les mécanismes régionaux et l'Alliance mondiale des INDH, afin de créer un bouclier protecteur cohérent pour les citoyens africains.
Vers une approche inclusive et ancrée dans les réalités
L'ambition de ce sommet de Yaoundé est de sortir des cadres purement administratifs pour inclure tous les piliers de la société :
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La société civile et les universitaires pour l'analyse et l'alerte ;
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Les autorités traditionnelles pour l'ancrage culturel des droits ;
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La jeunesse comme garante de la pérennité de l'État de droit.
L'horizon 2063 : Paix et Gouvernance

Au-delà des débats, les recommandations formulées visent à aligner les actions des INDH sur l'Agenda 2063 de l’Union africaine. L'enjeu est de transformer ces institutions en véritables acteurs de prévention des crises, capables de stabiliser la gouvernance démocratique. Le message de Yaoundé est clair : sans un respect effectif des droits humains, le développement et la paix durable resteront des horizons lointains pour le continent.



Sandrine Mballa







